Par Mélanie
Courtière en vin.
27/02/2026

Par Mélanie
Courtière en vin.
27/02/2026
Entre Atlantique et océan Indien, l’Afrique du Sud aligne aujourd’hui des vins pleins d’élan, précis, lumineux. Oubliez l’image des rouges bodybuildés et des blancs trop boisés : la nouvelle génération vise la fraîcheur, la transparence du fruit et des vins qui donnent envie de passer à table. Tour d’horizon, verre en main.
Le Chenin Blanc règne sans forcer. Des vieilles vignes en gobelet (ces petits buissons noueux qui résistent mieux au soleil) livrent des blancs vibrants, à la fois juteux et salins. Swartland pour l’énergie et la pierre chaude, Stellenbosch pour une touche plus crémeuse, parfois une fine note de miel léger. On pense pomme jaune, coing, zeste d’orange. A table ? Parfait avec un poulet rôti citronné, un curry doux ou une truite fumée. C’est le blanc « couteau suisse » à avoir sous la main.
Longtemps caricaturé, le Pinotage a changé de visage. Place à des rouges plus clairs, souples, sur la griotte et le thé rooibos, avec une fraîcheur qui fait saliver. Servi légèrement rafraîchi, il adore le braai (le barbecue sud-africain), une pizza aux champignons ou un magret laqué. Et guettez les « Cape Blends », ces assemblages où le Pinotage s’invite avec cabernet et cie : une signature du pays, charmeuse et très polyvalente.
Quand le vent du « Cape Doctor » nettoie le ciel, la Syrah montre son côté vif : olives noires, violette, poivre fin, avec des tanins soyeux. Le Cinsault, souvent issu de vieilles vignes, joue plus léger : fraise écrasée, herbes sèches, une finale aérienne. Ces rouges aiment les volailles rôties, une côte de thon grillée, des assiettes de charcuterie. Des vins sapides, faits pour les grandes tablées où les plats se partagent.
Plus on s’approche de la mer, plus les vins gagnent en tension. A Hemel-en-Aarde, chardonnay et pinot noir affichent une allure ciselée, presque marine, idéale pour les huîtres ou un fromage à pâte molle. Elgin signe de beaux sauvignons aux agrumes nets. A Constantia, on redécouvre des blancs élégants et, pour les becs sucrés, le fameux muscat local, en version moderne et lumineuse.
Au rayon sud-africain, quelques indices vous mettront sur la bonne piste.
Avec ces repères, vous couvrez déjà l’essentiel du paysage.
Cap Classique, rouges légers au fruit croquant, Chenin tout-terrain : l’Afrique du Sud brille par sa buvabilité et son sens de la table. Mon conseil : composez un trio découverte – un Chenin du Swartland, un Pinotage moderne et un Cap Classique -, servez les rouges légèrement frais et laissez parler les plats. Vous verrez, on revient vite à la bouteille… puis à la carte des régions. Le Cap n’a peut-être jamais été aussi excitant qu’aujourd’hui.