Par Biggy
Curieux et épicurien.
28/09/2025

Par Biggy
Curieux et épicurien.
28/09/2025
A Rome, le vin n’était pas seulement un plaisir de table. C’était un langage commun, du temple à la taverne, du banquet aristocratique au campement militaire. Si nous aimons trinquer aujourd’hui, les Romains, eux, ont bâti tout un monde autour de la grappe.
Le vin accompagnait chaque moment de la vie romaine. A la maison, on le buvait au repas, toujours mêlé d’eau – boire du vin pur passait pour sauvage. Au temple, on en versait en offrande. Aux banquets, on ouvrait les jarres comme on déroulerait aujourd’hui une carte de vins: chaque cru racontait une provenance, un rang social, une saison.
Le dieu du vin s’appelait Bacchus (ou Liber). Les fameuses Bacchanales, fêtes exubérantes, ont fait trembler le Sénat: preuve que le vin, en excès, bousculait l’ordre. Les moeurs ont évolué au fil des siècles, mais une idée demeure: le vin réglait le rythme de la conversation, du rire et de la politique. Une boisson sociale, au sens plein.
Les Romains aimaient nommer leurs vins par origine. Le plus mythique? Le Falernien, de Campanie, puissant et recherché. On parlait aussi de Caecube, Massique… Les styles variaient: sec, doux, oxydatif. On parfumait parfois le vin d’herbes, de résine ou d’épices, et on le sucrait avec du moût cuit (la fameuse sapa). L’apéritif du moment? Le mulsum, vin mêlé de miel, doux et parfumé.
A l’autre bout de l’échelle, la posca – eau + vin aigri – désaltérait soldats et travailleurs: sûre, légère, pratique. Entre ces pôles, mille nuances, selon l’âge du vin, son origine, et la manière de le servir (on savait déjà rafraîchir, voire chauffer, selon la saison).
Le vin romain, c’est surtout une histoire de routes et de navires. On a d’abord importé de Grèce, puis planté partout: Latium, Campanie, Gaule, Hispanie. Les domaines stockaient le vin dans de grandes cuves en terre (dolia), avant d’expédier en amphores. Le commerce battait son plein dans les ports; à chaque arrivée, la ville vibrait comme un marché aux poissons… mais version raisins.
Ce réseau a façonné des paysages et des habitudes. Il a aussi laissé une intuition moderne: l’origine compte, le temps aussi. En somme, un avant-goût de nos appellations.
Envie de glisser un peu d’Antiquité dans votre prochain dîner? Sans toge ni latin, voici trois idées simples:
L’idée n’est pas de jouer au musée, mais de retrouver cet esprit: convivial, généreux, curieux.
Dans la Rome antique, le vin tenait la place d’un liant social, d’un marqueur culturel et d’un moteur économique. Aujourd’hui, il garde ce pouvoir de rassembler. La prochaine fois que vous choisissez une bouteille, pensez à l’amphore invisible derrière l’étiquette: une histoire de voyage, de partage, de conversation. Et laissez le vin faire ce qu’il sait faire de mieux: mettre tout le monde autour de la table.