Par Mélanie
Courtière en vin.
13/10/2025

Par Mélanie
Courtière en vin.
13/10/2025
Vous aimez un bon verre, mais parfois le lendemain cogne comme un marteau-piqueur. Pourquoi certaines bouteilles se transforment-elles en casse-tête ? Entre science du goût et petits pièges de la dégustation, on démêle le vrai du faux – pour trinquer plus serein.
On commence par l’évidence: l’alcool déshydrate. Moins d’eau dans le corps, plus de tension dans les vaisseaux, et la tête proteste. Un vin servi trop généreusement, avalé vite, et c’est la voie rapide vers le mal de crâne. Les bulles accentuent le phénomène: le gaz accélère l’absorption, l’ivresse monte plus vite, la douleur aussi. Moralité: boire lentement, manger en même temps, et alterner avec de l’eau reste la base.
Certains vins contiennent de l’histamine, une molécule produite par des levures et bactéries pendant la fermentation. Rien d’inquiétant, sauf si vous y êtes sensible: nez qui gratte, rougeurs, maux de tête. Les rouges sont davantage concernés car ils macèrent avec les peaux.
Les tanins, ces composés de la peau et des pépins, peuvent aussi titiller les personnes sujettes aux migraines. Sensation d’astringence, bouche qui accroche: si ça vous parle, privilégiez des rouges souples, ou passez au blanc/rosé pour la soirée.
Le sucre résiduel, lui, joue un rôle indirect. Plus c’est doux, plus on boit facilement, plus on se déshydrate. Et la nuit devient plus courte. Idem pour les vins très mûrs: ils peuvent paraître « ronds » et encourager un verre de trop.
Les sulfites préservent la fraîcheur du vin, empêchent l’oxydation et gardent les mauvaises bactéries à distance. Ils ne sont pas, dans la grande majorité des cas, la cause directe de vos migraines. Les réactions aux sulfites existent, bien sûr, mais ressemblent davantage à des gênes respiratoires ou cutanées. Fait surprenant: les vins blancs en contiennent souvent plus que les rouges, alors que beaucoup jurent que « le rouge donne mal à la tête ». Ce décalage nourrit le mythe.
Pas besoin de diplôme d’oenologie, juste quelques réflexes futés:
Le bon accord, c’est aussi entre vous et la bouteille: écoutez vos signaux, pas la mode.
La plupart des maux de tête viennent d’un trio banal: alcool, rythme trop rapide, hydratation insuffisante. Le reste – histamine, tanins, style du vin – joue sa partition selon votre sensibilité. Choisissez des cuvées droites, servez à la bonne température, grignotez, buvez de l’eau, et surtout, dosez votre plaisir. Le vin doit raconter une histoire, pas en écrire une sur votre front le lendemain. Votre palais vous dira merci… et votre tête aussi.